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La résistance de habitants de l'oasis Zaatcha est considérée comme l'une des résistances les plus importantes malgré sa courte durée vu que l'affrontement avait duré plus de quatre mois, du 16 juillet au 26 novembre 1849.

Les causes de la résistance des Zaatchas 

La résistance des Zaatchas partage avec les autres résistances populaires un ensemble de mobiles mais s'en distingue par d'autres notamment:

-         Le refus catégorique par le peuple algérien de l'occupation française.

-         Le retentissement de la chute du régime de monarchie constitutionnelle après le coup d'état perpétré par la Révolution Française en 1848, l'avènement de la deuxième république française et ses répercussions sur la situation politique en Algérie parmi lesquelles la destitution du gouverneur général, le Duc d'Aumale, fils du roi "Louis Philippe" et son remplacement par le Général "Cavaignac" le 03 Mars 1848.

- De tels évènements et leur retentissement dans la région des Zibans ont contribué de manière indirecte à l'élévation du moral des révoltés dans la région avec à leur tête Cheikh Bouziane qui tenta d'exploiter la situation de troubles en France pour proclamer la guerre sainte.

- Par ailleurs, les troupes françaises basées dans la circonscription de Constantine étaient occupées à réprimer d'autres soulèvements dans divers coins du pays. Ceci a permis à Cheikh Bouziane de déclarer la guerre, exploitant la faiblesse numérique des forces françaises basées à  Batna et Biskra et l'absence du commandant militaire " Saint-Germain" de la daïra de Biskra afin de soulager à travers la dispersion des efforts des troupes coloniales, les insurrections qui avaient éclaté un peu partout.

- La volonté de poursuivre le combat en tant que prolongement de l'insurrection menée par l'Emir Abdelkader dans la mesure où Cheikh Bouziane était l'un des adjoints de l'Emir.

-         L'augmentation des impôts sur les palmeraies à partir du mois de mars 1849 de 0,25 francs à 0,40 Francs par palmier.

-         L'abandon du principe d'exonération d'impôts des mourabitine ; ce qui a élargi la contestation.

Cheikh Bouziane a su canaliser ce mécontentement vers la confrontation avec les  troupes d'occupation. Il entreprit une série de contacts avec les chefs de tribus et de aârchs afin de préparer les conditions nécessaires pour déclarer la guerre,  telles que la collecte de fonds, l'achat d'armement et le stockage de provisions…etc.  Ceci a éveillé l'attention des agents de l'administration française . C'est ainsi que le sous-lieutenant "Sirocca", délégué au bureau arabe à Biskra entreprit de faire mouvement vers les Zaatchas afin d'arrêter Cheikh Bouziane. Accompagné du cheikh du village de Tolga  Ibn El Mihoub et de quelques cavaliers , il se dirigea vers l'oasis de Zaatchas mais ils ne réussirent pas à mettre la main sur Cheikh Bouziane face au refus opposé par ses partisans. De ce fait, le sous-lieutenant "Sirocca" retourna à Biskra et présenta un rapport détaillé au commandement selon lequel tous les habitants des oasis des Zibans s'étaient ralliés autour de Cheikh Bouziane et la guerre sainte proclamée à partir des minarets des mosquées des oasis.

-         Afin de constater de visu la situation, l'officier "De Bosquet",   chef du bureau arabe, se rendit à Zaatcha pour demander aux populations de livrer Cheikh Bouziane mais elles refusèrent en disant: " Nous refusons de vous livrer celui que vous réclamez et nous vous combattrons pour lui, hommes et femmes, jusqu'au dernier..." "De Bosquet" fut donc convaincu que l'esprit de révolte s'était répandu à travers toute la région.

Ses étapes

La résistance des Zaâtchas est passée par trois étapes essentielles : la phase de la puissance,  la phase du siège et la phase de recul.

 a-      La phase de puissance:

 La première phase a débuté par l'arrivée des Français à Zaatchas le 16 juillet 1849 sous la direction du colonel "Carbuccia" qui avait renforcé le siège autour des oasis afin d'étouffer l'insurrection, l'étouffer dans l'œuf et liquider son chef, Cheikh Bouziane,  afin de rétablir la sécurité dans la région. Cependant, il fut surpris par la résistance des révoltés qui accueillirent les troupes françaises avec une pluie de balles tuant ainsi 31 soldats français et ne faisant pas moins de 117 blessés.

Après quelques heures d'accrochage, le colonel "Carbuccia" fut contraint de se retirer avec ses troupes sous les coups de boutoir des factions de combattants des Ouled Naïl, Bousaada et Msila qui avaient rejoint leurs frères des Zaatchas.

Cette victoire a contribué au renforcement moral et matériel des insurgés et à raviver la résistance parmi les habitants de la région.

Le cheikh marabout* Sidi Abdelhafid,  moqaddem* de la confrérie Rahmania entreprit de proclamer la guerre sainte et les populations répondirent à l'appel lancé pour libérer la ville de Biskra. Elles affrontèrent les troupes françaises dirigées par "Saint Germain", commandant de la subdivision de Biskra. La bataille de Sériana eut lieu au lever du soleil en septembre 1849. Malgré la mort du commandant Saint Germain, l'armée française réussit à maintenir le siège et Sidi Abdelhafid fut contraint de se retirer avec le reste de ses partisans.

Les Français exploitèrent cette victoire, persistant dans leur volonté de se venger des habitants de l'oasis de Zaatchas même si la question fut reportée au début de l'automne. Le Général "Herbillon" gouverneur de la subdivision de Constantine dirigea alors personnellement le siège après avoir désigné le colonel "Carbuccia" pour succéder au Colonel Saint Germain.

b-     Phase du siège de l'oasis

 Le 07 Octobre 1849 au matin, le général Herbillon entreprit d'amasser ses troupes estimées à quatre mille quatre cents trente neuf (4439) soldats sur la "colline de la meïda", jouxtant le village des Zaatchas, occupa la zaouia proche de la colline et contrôla le carrefour menant à l'oasis de Zaatchas, notamment la route reliant Tolga à Zaatchas afin d'empêcher l'arrivée de tout renfort. Les ordres furent donnés à l'artillerie de bombarder les remparts afin d'y provoquer une percée. Cependant la résistance intrépide qui leur fut opposée avait contraint les troupes françaises à se retirer après avoir enregistré la perte de 35 soldats dont un officier ainsi que 147 blessés.

Grâce à l'artillerie, les Français réussirent à occuper la zaouia et hisser le drapeau au dessus de son minaret.

En dépit de cela, Cheikh Bouziane continua à galvaniser les combattants et réussit, malgré le siège, à envoyer ses émissaires en cachette aux tribus de Bousaâda et Ouled Naïl pour leur demander des renforts.

 c-      Phase de repli et massacre

 Le Général "Herbillon" demanda les secours à l'administration coloniale centrale à Alger. Des ordres furent donnés aux colonnes militaires, venant de Constantine, Batna, Bousaada, Skikda et Annaba de faire mouvement vers Zaatchas; ce qui encouragea les assaillants à reprendre l'assaut le 26 Novembre 1849 avec huit mille soldats dirigés par l'officier " Barail" , le colonel "Canrobert" , Lafaraude et le colonel "De Montel", sans parler du matériel de guerre, pendant que le reste des troupes entreprenait l'encerclement de l'oasis en prévision de tout secours susceptible de parvenir d'autres régions.

Les ordres furent donnés de massacrer tous les habitants de l'oasis, y compris les femmes, les enfants et les vieillards, de couper les palmiers, source de revenus des habitants et d'incendier les maisons.

En dépit de cela, les populations avaient résisté et des accrochages à l'arme blanche eurent lieu avec les soldats français sur les routes jusqu'à ce qu'ils fussent tués jusqu'au dernier vers neuf heures du matin. Les blessés furent achevés. La maison du Cheikh Bouziane fut bombardée et celui-ci tomba au champ d'honneur. "Herbillon" donna l'ordre de couper les têtes de Cheikh Bouziane et son fils ainsi que Cheikh El Hadj Moussa Derkaoui et de les accrocher à l'une des portes de la ville de Biskra.

Conséquences de la Résistance

 1-      La résistance des Zaatchas s'acheva par des pertes considérables dans la mesure où l'oasis fut totalement anéantie. Les Français avaient pratiqué les pires tortures et crimes que l'humanité réprouve, coupant les têtes humaines et les accrochant aux portes de la ville ou aux baïonnettes des fusils pour se venger des insurgés. Les Français, quant à eux, avaient perdu 10 officiers de différents grades et 165 soldats; on dénombra 790 blessés à divers degrés de gravité, tandis que dans les rangs des populations,  les sources françaises rapportent la découverte de 800 cadavres et un nombre indéterminé sous les décombres et des palmiers coupés jusqu'au dernier.

2-      La résistance des Zaatchas a suscité un vaste mouvement de solidarité religieuse et nationale ainsi que la surprise chez l'ennemi de voir les habitants persister à faire échouer ses plans.

3-      La ville de Bousaâda fut occupée parce qu'elle avait entrepris une insurrection sous la direction de Mohammed Ali ibn Chabra, un chef religieux ayant appelé à la guerre sainte lors de la résistance des Zaatchas et envoyé des secours à Cheikh Bouziane.

Extension du cercle de représailles à travers l'incendie de l'oasis de Nara, située à Oued  Abdi dans les Aurès, laquelle connut le même sort que les Zaatchas le 05 Janvier 1850 de la main du colonel "Canrobert" après que ce dernier se fut présenté au village avec une troupe composée de trois bataillons de soldats pour massacrer la population, détruire et incendier le village

 


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