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Les causes de cette résistance ne diffèrent pas de celles des autres insurrections dans la mesure où elles sont essentiellement liées à la politique coloniale appliquée en Algérie et à toutes les tribus sans distinction. De ce fait, les habitants de l'oasis El Amiri, située dans la région de Biskra furent influencés par le déroulement des autres résistances populaires, à commencer par  l'Emir Abdelkader et d'El Hadj Ahmed Bey.

    Causes de la résistance des habitants de l'oasis El Amiri

Comme à leur habitude, les autorités coloniales employèrent des méthodes infernales, consistant à entretenir en permanence des conflits entre les grandes tribus influentes, ce qui constitue une constante de la politique française, surtout que les populations des régions sahariennes considéraient les Français comme des impies qu'il fallait combattre et chasser de leur pays.

Le facteur religieux apparaît donc comme étant l'une des causes principales du déclenchement de leur révolte surtout que le prédicateur Ahmed Ben Aïch appelait à lutter contre les Français.

Le facteur social intervient donc au premier degré dans la politique de la France qui consiste à saper l’unité des tribus en tentant de les monter les unes contre les autres notamment celles ayant une influence étendue.

En effet, la région était marquée par l'autorité excessive exercée par le caïd Boulakhras Bengana sur les populations de la région ;   la France lui laissait le champ libre allant jusqu’à le soutenir par tous les moyens pour  asseoir par la force son autorité sur les régions sahariennes.

Cependant, il rencontra l'opposition des Ouled Bouzid, habitants l'oasis El Amiri,  qui eurent le mérite d'affronter l'ennemi français avec ses partisans parmi les gens de Bengana avec à leur tête le caïd Boulakhras.

Sur le plan économique, l’une des causes fut l'augmentation par l'administration française des impôts dont la collecte était confiée au caïd Boulakhras lequel opprimait les populations et les traitaient avec une dureté inégalée ; ce qui les poussa à s'unir autour de Yahia Ben Mohammed et son prédicateur Cheikh Ahmed Ben Aïch.

    Les étapes de la résistance des habitants de l'oasis El Amiri

Plusieurs étapes ont marqué cette révolte populaire:

Première étape : début de la résistance

La tyrannie du caïd Boulakhras contribua à l'embrasement de la révolte et son déclenchement surtout après que Cheikh Mohammed Yahia Ben Mohamed eut refusé de se conformer aux ordres de Boulakhras lequel l'avait convoqué à Biskra, son lieu de résidence. Il craignait de subir le même sort que son frère le cadi Messaoud qui fut assassiné par Boulakhras.

D'autre part, les tribus des Ouled Bouzid avaient rejeté l'ordre de Boulakhras avec lequel elles étaient en conflit permanent  de lui livrer Cheikh Mohamed Yahia Ben Mohamed, surtout que Boulakhras avait insisté auprès du gouverneur à Zéribet el Oued sur la nécessité de son arrestation.

Un ordre écrit fut émis dans ce sens le 29 novembre 1875 mais ne fut pas exécuté. Cheikh  Mohamed Yahia Ben Mohamed, convaincu de la nécessité de se présenter à la convocation, se présenta à Biskra et rencontra le caïd Boulakhras sans être arrêté par le gouverneur de Biskra, Gelize.

A son retour auprès des Ouled Bouzid, il les convainquit de la nécessité de proclamer le dijhad et de laisser de côté leurs dissensions marginales. Il trouva en Cheikh Ahmed Ben Aïch, présent à l'oasis, la force morale qui réussit à mobiliser les habitants pour déclarer la guerre sainte contre les Français. C'est ainsi que l'oasis El Amiri et les régions avoisinantes s'embrasèrent.

 Deuxième étape : Réactions des Français à l’égard de  cette résistance

 Le gouverneur de Biskra était informé de cette révolte et connaissait  ceux qui l'animaient. Pour cela,  il vit qu'il était de l'intérêt de la France de remédier à la situation avant qu'elle ne prenne de l'ampleur dans ces régions sahariennes. La méthode appliquée par les autorités coloniales consista alors, par toutes sortes de manœuvres, à diviser les rangs des insurgés, en se basant sur les scissions provoquées dans les rangs des Ouled Bouzid et ce, en envoyant un émissaire les informer qu’ à travers leurs idées destructrices, les deux chouyoukhs Mohamed Yahia et Ben Aïch entraînaient les tribus des Baouazid à leur perte.

 Troisième étape: Le lancement effectif de l’insurrection

 après que ceux-ci eurent quitté Biskra le 8 mars en direction de Touggourt, les tribus des Baouazid saisirent l'occasion pour isoler le Général Cartésier et les troupes l'accompagnant. A leur arrivée à l'oasis Meghaïer le 11 mars, ils envisagèrent de leur tendre une embuscade pour les liquider. Mais ces derniers, s'étant rendu compte de la volonté des Baouazid de les liquider, se sont enfuis avec les cavaliers.

A partir de cet évènement, les Français réalisèrent que les Baouazid avaient déclenché une insurrection,  surtout après que le caïd Boulakhras leur eut confirmé l'authenticité des informations circulant dans la région concernant cette révolte. C'était le 19 Mars 1876.

Il était impératif pour les leaders de la révolte, Mohamed Yahia ben Mohamed et Cheikh Ahmed Ben Aïch, de procéder à l'organisation des rangs, contacter les chouyoukh des tribus et gagner des partisans et alliés. Ils réussirent à rallier un certain nombre de personnalités influentes auprès des tribus dans les régions sahariennes avec à leur tête Cheikh Bendah , chef de la tribu des Djebabra, Cheikh Mabrouk Barika , chef des Ouled Daoud, Cheikh Mohamed Belhadj bensalem, et cheikh Ali Benrich , de la zaouia de Metlili Chaamba.

L'objectif visé par l'unification des rangs des combattants était de barrer la route à l'ennemi et ses instruments de destruction avec à leur tête les caïds des Bengana qui avaient imposé aux habitants de la région saharienne des impôts excessifs.

Dernière étape:

 Au début de cette étape, les autorités coloniales tentèrent de circonvenir Cheikh Mohamed Yahia ben Mohamed, de négocier avec lui et de l'attirer à Biskra pour le tuer mais habitué qu’il était aux complots des Français et de leurs suppôts, il refusa toutes les invitations qui lui furent adressées. Dans le même temps, les préparatifs pour la révolte allaient bon train. L'officier Lefroix tenta de canaliser la colère des révoltés en effectuant une visite dans la région mais échoua dans sa mission en raison de l'attachement des habitants au combat. Il fut contraint de retourner à Biskra sous escorte militaire dirigée par le caïd El Hadj Bengana et le caïd Mohamed Séghir Bengana.

 Lorsque la nouvelle de la révolte lui parvint, le général Cartery se dirigea vers Biskra pour préparer ses troupes au moment où le cheikh Mohamed Yahia Ben Mohamed avait, de son côté, entrepris de réunir les armes et mobiliser les combattants. Son compagnon Ben Aïch avait pour sa part conçu un étendard vert comme symbole de la guerre sainte et appelé les gens dans les marchés et les oasis à prendre les armes contre les impies et leurs alliés de la famille Bengana. Il réussit ainsi à réunir un nombre important d'habitants des régions voisines de l'oasis El Amiri.

Le 11 avril 1876, la véritable bataille fut déclenchée et l'affrontement eut lieu entre les combattants algériens dont le nombre avait atteint deux mille cent hommes et les forces françaises d'occupation sous le commandement du général Cartery. Les régions environnantes de l'oasis el Amri furent le théâtre d'affrontements violents. Lorsque  l'armée française reçut les renforts militaires provenant de différentes régions y compris les tribus inféodées aux autorités coloniales, les combattants se retrouvèrent sans aucun soutien extérieur. De ce fait, cette bataille décisive ne pouvait être équilibrée car le rapport de forces était en faveur des Français. Le leader de la révolte, Mohamed Yahia ben Mohammed, tomba au champ d'honneur avec cinquante autres combattants. Cheikh Ahmed Ben Aïch fut gravement blessé, ainsi qu'un nombre important de soldats de l'armée française et leurs alliés avec à leur tête le caïd de Biskra, Mohamed Seghir Bengana .

Toutefois, la mort du leader de la révolte, Mohamed Yahia ben Mohammed,  n'entama en rien la volonté des combattants de poursuivre la lutte. En effet, ils se retranchèrent dans l'oasis et réorganisèrent leurs rangs sous la direction de Ben Aïch qui incitait les populations se trouvant hors de l'oasis, à soutenir les combattants.

Il fut difficile au commandant de l'armée française d'envahir l'oasis en raison de la force et de la violence de résistance des hommes qui s'y trouvaient. Il tenta alors d'assiéger l'oasis de toutes parts, pour empêcher les approvisionnements et les renforts de lui parvenir.

Face à l'aggravation de la situation à l'intérieur de l'oasis El Amiri, le général Cartery saisit l'occasion pour lancer, avec ses alliés parmi les Algériens inféodés aux autorités de son pays, un assaut contre l'oasis le 27 Avril 1876, utilisant pour cela les projectiles des canons qui détruisirent les maisons dans l'oasis. Certains combattants n'eurent pas d’autre choix, face au déluge de feu de l'ennemi, que de se rendre

    Conséquences de la résistance des habitants de l'oasis El Amiri

Les conséquences de cette révolte sur les populations furent à la fois négatives et positives et bien que les aspects négatifs fussent dominants, elle exprima une fois de plus le refus par le  peuple algérien de la présence coloniale française au Sahara, à l'instar du Nord, de l'Est et de l'Ouest du pays.

Parmi les aspects positifs de cette révolte, la démonstration faite aux autorités coloniales que la conscience algérienne demeurait toujours vivace,  que la dimension spirituelle constituait un facteur essentiel dans la mobilisation des Algériens et que toutes les résistances algériennes reposaient sur le refus de la domination étrangère et la liquidation de tous les traîtres qui collaboraient avec elle.

Les répercussions furent graves et dramatiques pour l'oasis et ses habitants puisqu'elle vécut ce qu'avait  vécu avant elle l'oasis des Zaatchas à l'époque de son chef Cheikh Bouziane. On retiendra que :

-         L'oasis fut soumise à une destruction totale : maisons détruites, arbres brûlés et palmiers coupés.

-         Les biens immobiliers des habitants furent saisis et redistribués aux Français et leurs alliés.

-         Cheikh Ahmed Ben Aïch fut condamné à mort mais sa peine fut commuée en déportation.

-         Une amende de plus de 192 200 francs fut imposée aux habitants de l'oasis

-         Les armes des habitants de l'oasis dont 492 fusils furent saisies.

-         Les membres de la tribu des Ouled Bouzid (les bawazid) furent déplacés vers d’autres régions aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays.

-         Les habitants furent soumis à des travaux d'utilité publique tels que le creusement des routes ou leur extension parmi lesquelles la route reliant Batna à Biskra

Les Ouled Bouzid furent les premiers à être dépossédés de tous leurs biens.


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toufik bakhti.
tbakhti@hotmail.co.uk

 

 

 

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