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1- Les conditions de déclenchement de la résistance de la ville de Laghouat

L'administration coloniale avait œuvré à semer la mésentente et la discorde parmi les dirigeants et chefs de tribus ainsi que les cheikhs de zaouïas, ce qui déboucha sur la déstabilisation de la région et l'émergence de troubles très graves au moment où s'était déclenchée la résistance des Zaatchas.

Toutes ces données avaient convaincu la France de la nécessité de lancer une expédition sur Laghouat à partir de Médéa, et cette mission fut officiellement confiée au Général L'ADMIRAULT en Mai 1851.

Le 3 juin 1851, la colonne française entrait à Djelfa et invitait les chefs de tribu parmi lesquels le khalifa de Laghouat, l'Agha Si Chérif Bellahrèche. Le commandant envisageait de nommer Bennaceur Ben Chohra, khalifa à Laghouat à la place de Ahmed Bensalem mais Bennaceur continuait à considérer que les Français n'étaient que des conquérants avides et refusa de se mettre à leur service préférant rallier Mohamed Ben Abdallah, l'un des flambeaux de la résistance contre l'occupation dans le sud algérien.

2- La chute de la ville

De retour à Laghouat, Bennaceur Ben Chohra entra au ksar de la ville.  De son côté, le gouverneur général RANDON ordonna au Général L'ADMIRAULT de marcher sur Laghouat à la tête d'une colonne de plus de 1500 soldats. Celui-ci parvint jusqu'aux remparts de la ville le 4 mars puis avança jusqu'à Ksar Hirane sans heurts. Il y installa un bataillon de son armée ainsi qu'une troupe de spahis et  retourna ensuite vers Laghouat.

Malgré cela, l'administration coloniale continuant à craindre la réaction des Algériens, jugea nécessaire de faire venir des unités supplémentaires de l'armée basées à Tiaret sous le commandement du Général DELIGNY.

De son côté, Mohammed Ben Abdallah marcha sur les environs de la ville de Laghouat afin de sensibiliser les  tribus qui hésitaient encore à se rallier à lui. Mais très rapidement, il dut se replier sur Tajrouna, près de Oued Zargoun après avoir eu connaissance des mouvements du Général L'ADMIRAULT.

Il fit en sorte de mobiliser davantage d'hommes parmi les tribus et rejoignit l'armée de Bennaceur Ben Chohra composée d'éléments de la tribu des Ouled Sidi Atallah, Saïd Otba, El Mekhadma de Ouargla, les Chaamba de Metlili, les Ouled Ameur de Timacin , Ouled Djellab et les gens du Mizab. Ce rassemblement a fait naître des craintes chez les Français et l'officier "Collineau" fut chargé de regrouper les bataillons de l'armée en prévision de l'affrontement.

Entre temps, le chérif Mohamed Ben Abdallah n'avait pas cessé de se rendre à Laghouat afin de sensibiliser les populations. Ayant appris cela,  le Général "Yussuf" tenta sans succès de soudoyer par divers moyens les habitants de Laghouat en échange de la vie du chérif. Le gouverneur général décida alors d'intervenir militairement pour frapper Laghouat  et la soumettre. A cet effet, il mobilisa cinq colonnes sous le commandement du général Pellissier.

 Tous ces préparatifs laissaient présager le début de la guerre et les combats débutèrent effectivement le 03 décembre au matin sur divers fronts, dans le but de faire tomber Laghouat. L'assaut se poursuivit le jour suivant et les troupes françaises parvinrent à pénétrer dans les positions renforcées, prenant la mosquée comme quartier opérationnel. Le Général Buscarin trouva la mort au cours de l'affrontement et fut remplacé par le colonel "Cler" en coordination avec le Général Yussuf pour prendre d'assaut la ville où des combats violents furent engagés dans les rues et même les maisons et coûtèrent à l'armée française des pertes considérables. Les combattants firent preuve de courage et de tenacité dans leur résistance tandis que l'artillerie avait concentré ses tirs sur les remparts de la ville afin de permettre à un plus grand nombre de soldats d'entrer dans la ville et d'en occuper les hauteurs. L'affrontement se poursuivit longtemps pour s'achever par la prise de Laghouat. Des massacres horribles et des exactions furent commis sur les habitants, sur les crânes desquels Pélissier  fêta sa victoire. Des tapis somptueux furent étalés au centre de la ville où il prit son déjeuner avec ses officiers et procéda à la nomination du colonel "Cler", commandant suprême de la ville de Laghouat. Les rescapés parmi les habitants de la ville réussirent à fuir avec à leur tête le chérif Mohamed Ben Abdallah, Bennaceur ben Chohra , Yahia ben Maamar et Et Telli ben Lakehal après avoir réalisé que l'affrontement ne pouvait avoir lieu, en raison d'une part du déséquilibre du rapport de forces militaires, et d'autre part du nombre de victimes qui avait dépassé 2500 martyrs, sans compter le nombre de blessés qui ne purent échapper aux poursuites des soldats français en vue de les achever.

Cette situation dura plus d'une semaine, l'objectif étant la liquidation des poches de résistance dans les différentes zones. Du côté français, outre un nombre important de blessés, on dénombra environ 60 tués avec à leur tête le Général "Buscarin" qui fut enterré là-bas ainsi que le chef de bataillon Morin.

3- Les conséquences de la résistance 

La prise de Laghouat fut considérée comme une victoire pour la France qui y vit  un pas important dans l'expansion vers le Sahara algérien et sa soumission, outre le fait qu'elle visait :

-         La soumission des  Béni Mzab en les contraignant à passer obligatoirement par Laghouat.

-         Le contrôle des approvisionnements dans les dépôts de Laghouat et l'imposition de taxes aux populations du Sahara.

-         Transformer Laghouat en centre d'administration et de contrôle des affaires commerciales vers les confins du Sahara.

-         Faire de Laghouat un point de départ pour l'expansion française dans le Sahara algérien.

 Cependant, la résistance dirigée de Bennaceur Ben Chohra et Mohamed Ben Abdallah s'est poursuivie au même rythme;  ce qui entrava l'expansion française au Sahara, notamment après que cette résistance déboucha sur celle des Ouled Sidi Cheikh et l'émergence de Mohammed Bentoumi, dit Chérif Bouchoucha.


 

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 toufik bakhti
tbakhti@hotmail.co.uk

 

 

 

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