-Première phase :
1954-1956
Au cours de
cette phase, l'ALN ne représentait encore qu'un groupe
réduit sous-équipé. La veille du 1er novembre, le nombre des
moudjahidine s'élevait à 1200, armés d'environ 400 pièces
entre fusils de chasse et pistolets hérités pour la plupart
de la deuxième guerre mondiale. Cette armée était répartie
sur les cinq régions arrêtées au cours de la réunion du 23
octobre 1954.
Au cours de cette phase, l'ALN était
composée des premiers contingents de moussabiline
(volontaires civils), des fedayin (combattants armés), ainsi
que des personnes faisant l'objet de poursuites par les
autorités coloniales.
Des conditions et critères avaient
été arrêtés pour l'adhésion et l'enrôlement dans les rangs
de l'ALN. La première formation arrêtée pour les unités de
l'ALN était la suivante :
Formation |
Nombre d'éléments |
Commandement |
La
faction (zoumra) |
05
moudjahidin |
Commandée par un soldat de 1ère
classe |
La
Section (fawj) |
11-13 Moudjahid |
Commandée par un caporal et deux
adjoints avec grade de soldat de 1ère
classe |
La
Compagnie (fassila) |
35-45 moudjahidin.
03 sections |
Commandée par 06 soldats avec grade de
soldat de 1ère classe et 03 autres avec grade de
caporal. A la tête de la compagnie, il est désigné un
caporal-chef, assisté d'un secrétaire. |
Le
Bataillon (katiba) |
105-110 moudjahidin |
Commandé par un adjudant et deux
adjoints dont l'un est militaire et l'autre
politique |
La
Division (qism) |
constituée de plusieurs
bataillons |
|
La
Zone (mintaqa) |
constituée de plusieurs
divisions |
|
L'organisation
militaire de l'armée obéissait au système des sections
(fawdj ; pl. afwadj) ; Cette forme d'organisation était
dictée par la nécessité de la présence et la répartition de
l'ALN à travers tout le territoire national.
Les premiers
dirigeants avaient réussi à mettre en place les bases
organisationnelles et structurelles de l'Armée de Libération
et à tracer un programme pour l'action militaire, visant à
assurer la continuité de la Révolution ainsi que la
globalisation et la généralisation de l'action militaire, la
coordination entre l'action politique et militaire ainsi que
la dotation de l'armée en armement.
Outre le fait que la
Révolution a d'abord compté sur elle-même, elle intensifia
la fabrication des bombes artisanales et la collecte de
toutes les munitions et armes possibles auprès des citoyens
ainsi que la récupération des armes de l'ennemi au cours des
batailles.
La Révolution a ainsi réussi à réaliser de
nombreuses victoires militaires et atténuer les retombées de
l'offensive militaire française intensive, basée sur les
opérations de ratissage, l'utilisation de toutes sortes de
matériels de guerre et d'armes prohibées. Les attaques du
20 août 1955, dirigées par le martyr
Zighoud Youcef, donnèrent une preuve éclatante de la
détermination de l'Armée de Libération et du soutien du
peuple à ses actions.
- Deuxième
Phase : 1956-1962
L'ALN fut
amenée à revoir sa stratégie en accord avec le développement
de la Révolution pour faire face à l'effort de
guerre français croissant. Il s'est avéré
nécessaire de mettre en place un cadre qui conférerait à
l'armée de libération un nouveau caractère organisationnel
et structurel lui permettant d'accroître numériquement ses
forces et de les doter en moyens et armement les plus
modernes.
Le bond
qualitatif enregistré par l'ALN a eu lieu après la
promulgation des décisions du
Congrès de la Soummam en
1956 lesquelles ont défini une structuration très précise de
l'ALN, tant du point de vue de l'organisation que de
l'unification des commandements, des grades, de l'armement,
du ravitaillement, des allocations familiales pour les
moudjahidine, des dotations aux familles des martyrs, en
plus de la création de nombreux services auxiliaires tels
que les services de santé, de topographie, des munitions, du
courrier, de renseignements , d'information, de presse,
ainsi que les services juridique et social.
Le plus
intéressant dans les décisions du Congrès de la Soummam,
c'est que l'ALN est ainsi devenue une organisation moderne,
complémentaire dans les wilayate, répartie entre elles. Il a
été également mis en place des commandements unifiés ,
obéissant à une hiérarchie précise et rattachée à des
services complémentaires accomplissant au mieux leurs
missions pour affronter l'ennemi.