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HomeAssassinats8 Mai 1945







 
LE 8 mai 1945, qui signe la fin du nazisme, correspond aussi à l’un des moments les plus sanglants de la répression coloniale. La révolte de Sétif s’inscrit en effet comme une étape décisive du nationalisme algérien. La seconde guerre mondiale a favorisé cette explosion : dans la première phase du conflit, la propagande allemande a encouragé le renforcement des nationalismes au Maghreb et, après le débarquement allié en Algérie en 1942, les forces américaines ont propagé le thème anticolonial. Le combat des Alliés contre des régiments dictatoriaux, auquel participent de plus en plus de Maghrébins, a accentué la comparaison avec l’autoritarisme colonial et mis en lumière la situation de citoyen de seconde zone des musulmans.

La révolte de Sétif, qui s’étend à Guelma, Bône, Biskra, Batna et Constantine, cristallise ainsi plus d’un siècle de frustrations et d’humiliations. La répression menée alors par le général Duval, engageant l’aviation et la marine, est d’une violence inouïe : en quelques semaines, de 6 000 à 8 000 algériens sont tués, 45 000 selon la mémoire collective algérienne. Le grand écrivain Kateb Yacine se souvient qu’« on voyait des cadavres partout, dans toutes les rues... La répression était aveugle ; c’était un grand massacre. (...) Cela s’est terminé par des dizaines de milliers de victimes. A Guelma, ma mère a perdu la mémoire... La répression était atroce   ». Dans son plus célèbre roman, Nedjma, le romancier peint la violence de la répression : « Les automitrailleuses, les automitrailleuses, les automitrailleuses, y en a qui tombent et d’autres qui courent parmi les arbres, y a pas de montagne, pas de stratégie, on aurait pu couper les fils téléphoniques, mais ils ont la radio et des armes américaines toutes neuves. Les gendarmes ont sorti leur side-car, je ne vois plus personne autour de moi  . »

Des milices pieds-noirs participent activement aux opérations, accentuant le fossé entre les communautés. Ainsi, Michel Rouze, rédacteur en chef d’Alger républicain, note dans un rapport que « la loi martiale est proclamée. On distribue les armes aux Européens. Tout Arabe non porteur de brassard est abattu  ».

Le déchaînement de la répression de mai 1945 dans le Constantinois marque un changement radical de conjoncture pour les nationalistes. L’absence de réformes significatives après 1945 conforte la conviction que le système colonial ne peut s’amender par des voies pacifiques. D’autre part, il devient clair que l’unification de toutes les forces d’un nationalisme alors divisé est nécessaire pour renverser le rapport de force entre celui-ci et la puissance coloniale. Sétif préfigure ainsi la guerre d’Algérie.

 

 

 

 

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Toufik Bakhti
tbakhti@hotmail.co.uk